Je devais produire un autre film qui s’appelait Flouss Academy où le sujet était une remise en question sur la télé-réalité et son influence néfase sur la jeunesse. Ce sujet a été refusé.
Il a été refusé par les fonds d’aide et j’avais reçu une lettre me disant à peu près que ce sujet ne correspondait pas à la réalité du pays parce que vous parlez d’intégrisme, de délinquance, de corruption …
Est ce que le créateur aujourd’hui doit faire des films sur commande ?
ce qui m’a ramené l’idée de ce film : voila trois copains qui n’arrivent pas à faire leur film parce qu’ils reçoivent une lettre … Ils n’ont jamais fait de film pas parce qu’ils sont mauvais mais à chaque fois ils se font jeter.Ils décident finalement de cambrioler une banque pour faire un film.Cette histoire est une comédie policière et j’essaie de transpercer la société et de raconter des choses sérieuses avec humour.
Ce film est une polémique oui et non parce que c’est le seul film dont le mode de production est original parce que faire un long métrage ça coute très cher, et que moi j’ai refusé de faire appel en amont aux fonds d’aide.
J’assume ma responsabilité puisque je parle d’un sujet qui remet en cause les subventions et je suis allée chercher l’argent là ou il était : à la banque
Les banques ne m’ont pas suivi pour faire le film.J’ai en fait menti a la banque en lui faisant croire que j’allais acheter du matériel audiovisuel et j’ai fait un détournement de cet argent. Je suis rentré dans la peau de mon histoire et je n’ai pas acheté du matériel et j’ai utilisé l’argent pour faire mon film, et là je suis en train de rembourser le crédit.
Ce mode de production a crée une polémique. Parce que si tu commences à faire ca, le ministère va croire qu’on peut faire des films sans subventions. Sauf qu’y a un certain moment où tu arrives à un blocage…
Sortir ce film n’a pas du tout été facile ni évident.Pendant tout le procédé de fabrication de ce film j’ai refusé intérieurement de céder, les choses se sont passées très vite, j’ai continué a être cet électron libre, bien sur avec l’aide des techniciens, acteurs, en me disant ça va marcher ça va marcher ça va marcher.
C’est sur que le film est endetté, que j’ai des problèmes financiers… Mais le film est là et on peut le voir et c’est ça la satisfaction et après tout le reste va venir, il faut se battre.
J’ai choisi d’être libre et dans mes propos et dans la manière de produire le film et je l’assume.


Chers Amis
Voilà au bout de 5 jours de projections de CINECITTA le film attire beaucoup de monde
Je suis un émotif…et j’avoue qu’hier j’étais ému.
La communication a commencé avec le site internet…Il y a des affiches un peu partout,
La réaction des journalistes m’a soulagé… Je n’ai pas encore lu ce qui a été écrit mais je suis satisfait…Ils ont ri et c’est l’essentiel.
Je me lance moi aussi.
La comédie, plus que tout autre genre, agit comme un révélateur. Qu’on rie de ce qui nous est familier ou qu’on rie de ce qui nous est incongru, le contexte social ou temporel est là, en arrière-fond.Comment mieux pointer la situation du cinéma en Tunisie – frilosité des commissions d’aide, système de production inefficace parce que trop dépendant de “LA” subvention – qu’en la traitant par la dérision ?Ce film que j’ai voulu comme un coup de chapeau à ce cinéma italien qui nous est si proche (on y retrouve des parodies de scènes mythiques de la Dolce Vità ou du Voleur de bicyclette, avec des clins d’œil à Roberto Benigni), ce film, donc, est né d’une série de refus que j’ai moi-même essuyés auprès de cette commission d’aide au cinéma qui fut un temps le fleuron de notre ministère de la Culture.